precarite_principale_raison_miracle_economiqu_L_FLxfb3_1_1_(Légende de la photo d'un chômeur à l'Agence d'emploi allemande: "Marre des boulots de merde à 1 euros")

Il règne une certaine unanimité dans la classe politique comme dans les médias autour des bienfaits du « modèle allemand » pour l'emploi des jeunes. Maintenant, l'heure est au miracle allemand comme hier au miracle irlandais ou espagnol qui se sont tous révélés des mirages.

Derrière le faible taux de chômage officiel, l'envers du décor révèle une pauvreté, une insécurité massives ainsi qu'un profond malaise chez les jeunes allemands.

Le marché du travail allemand a été complètement transformé par la réforme Hartz IV adoptée par le socialiste Gerhard Schroder entre 2003 et 2005. Elle fait de l'emploi précaire la norme pour les jeunes qui rentrent sur le marché du travail, facilite les licenciements et conditionnent l'allocation-chômage à l'acceptation de contrats précaires payés une misère.

Sept ans après, la situation de la jeunesse allemande est dramatique :

  • Un jeune allemand sur dix (9%) est payé plus de 800 euros pour son premier emploi: 28% n'ont qu'un stage, dont la moitié ne sont pas rémunérés, 27% un contrat temporaire;

  • Six jeunes allemands sur dix (55%) dans la précarité : contrats temporaires, intérims, temps partiel. La liste est longue ! 43% des nouveaux emplois créés sont de l'intérim, 42% des CDD, et seuls 15% des CDI.

  • 5 millions de salariés dans des « mini-jobs » à 400 par mois sans garanties, dont une grande majorité de jeunes, sans cotisations patronales et avec licenciement au bon vouloir du patron, sans couverture sociale pour le salarié, sans cotisation à la retraite ;

  • Des « jobs à 1 euros » pour garder ses allocs : 25% des jeunes sont au chômage, et touchent généralement le minimum (350). Depuis Hartz IV, pour garder ce droit minimal, il faut accepter n'importe quelle offre d'emploi, et avant tout ces « jobs à 1 euro (l'heure) » qui ne sont qu'un complément à l'allocation : 80% du salaire retourne dans les poches de l'Etat ;

  • Stages et contrats d'apprentissage bidons : l'apprentissage allemand n'est pas le modèle décrit si souvent. Les jeunes allemands fuient l'apprentissage car il n'est que le moyen pour les patrons de trouver une main d’œuvre gratuite et exploitable à merci. 45% des contrats d'apprentissage ne vont pas à leur terme, seuls 15% débouchent sur un contrat définitif ;

Les scandales font la une des journaux toutes les semaines : à Francfort des conducteurs de bus sont payés 2 € de l'heurepar des sous-traitants privatisés, en Thuringe, des aides-cuisinères sont rémunérées 2,30 € de l'heure, tandis qu'être payée 5 € par heure pour un métier de vendeuse est la norme en Allemagne de l'est !

Est-cela le progrès social pour les jeunes ? Être pauvre dans le pays le plus riche d'Europe ? Être dans la Dritter Klasse, des citoyens de seconde zone. Nous refusons cet avenir de seconde zone ! Il nous faut défendre nos droits :

  • droit à un emploi stable, fin des stages bidons, des contrats d'apprentissage au service du patron, des contrats précaires, de CDD en piges d'intérim ;

  • droit à des salaires minimums permettant de vivre décemment, comment peut-on vivre même avec 500 euros par mois ? 1 500 euros net par mois, c'est le minimum !

  • droit à une éducation de qualité pour tous, refusons la voie allemande qui sélectionne les élèves dès l'âge de 10 ans entre collèges généraux et collèges techniques. Défendons le collège unique et le droit à des lycées professionnels et techniques de qualité, indépendants du patronat, tremplin vers des emplois stables bien rémunérés ;

Mais on ne pourra pas défendre ses droits sans lutter, lutter pour une rupture :

  • rupture avec les « politiques de droite », portées par la fausse alternance gauche-droite. C'est le socialiste Schroder qui a mis en place Hartz IV en Allemagne, c'est le socialiste Papandreou qui a instauré le salaire minimum à 450 € par mois en Grèce, c'est le socialiste Zapatero qui avec ses réformes du marché du travail a fait de l'Espagne le premier pays d'Europe en terme de chômage et de précarité des jeunes. Pas d'illusions sur l'alternance !

  • Rupture avec l'Union européenne qui promeut ses politiques à l'échelle européenne, le travail est une marchandise comme une autre pour l'UE, et il faut donc « libéraliser » le marché du travail, c'est-à-dire baisser le coût du travail, autrement dit réduire nos salaires et nos droits. Les travailleurs sont un coût pour l'Europe, car celle-ci est au service des patrons. On ne rompra pas avec cette politique si on ne rompt pas avec cette Europe-là !

Les jeunes allemands ne se résignent pas à leur sort. Mais sans organisation révolutionnaire, ils sont réduits à l'indignation, à la colère. On a inventé le terme de « Wutburger » ( = citoyen en colère) pour désigner cette jeunesse. En France, nous avons une organisation pour défendre nos droits, et rompre avec cette politique, pour une société plus juste et égalitaire, la société socialiste radicale.

Rejoins la Jeunesse communiste et organise ta colère ! (jeunescommunistes80.over-blog.com)