Il n'est plus maire d'Evry. Mais il n'est pas pour autant devenu un conseiller municipal comme les autres. Nommé ministre de l'Intérieur, Manuel Valls a cédé son fauteuil à celui qui était son premier adjoint, Francis Chouat. Un conseil municipal extraordinaire a eu lieu ce dimanche pour la passation des pouvoirs

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Mais Manuel Valls s'est aussi fait voter une confortable indemnité pour son nouveau poste de "conseiller municipal délégué": 1.700 euros net par mois, quand les autres conseillers municipaux doivent se contenter d'une centaine d'euros environ. Un traitement presque identique à celui du nouveau maire et de son premier adjoint.

Révélé mercredi 6 juin par "Le Canard enchaîné", ce montant est confirmé au "Nouvel Observateur" par le cabinet du ministre, qui se veut "transparent" et souligne qu'il n'y a là rien d'illégal. Francis Chouat, qui cumule désormais son indemnité de maire avec celle de vice-président du conseil général de l'Essonne, a atteint le plafond légal et a donc choisi "d'écrêter" le surplus : cette pratique lui a permis de répartir son indemnité entre ses adjoints et Manuel Valls. Une opération neutre pour les finances de la Ville… mais qui fait tousser l'opposition, tout particulièrement dans une période où le gouvernement se veut "exemplaire" en la matière.

Au cabinet de Manuel Valls, on affirme au contraire que le ministre a bien l'intention de rester impliqué dans l'avenir d'une ville dont il a été le maire pendant onze ans, et où ses quatre enfants restent scolarisés. Le montant exceptionnel de ses indemnités de "conseiller municipal délégué", chargé du Projet de territoire, sanctionnerait ainsi "son expérience, sa connaissance des dossiers et sa vision stratégique de l'avenir de la ville".

Le cabinet rappelle aussi que Manuel Valls est conseiller communautaire à l'agglomération, et à ce titre ne touche pas d'indemnité. Sa rémunération de ministre a baissé de 30%, comme l'a demandé François Hollande, pour atteindre 9.940 euros bruts.