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Après les étudiants, c’est au tour des confédérations syndicales de descendre dans la rue, dimanche 29 avril. « On ne joue pas avec la santé et l’éducation », avertissent les Commissions ouvrières (CCOO) et l’Union générale des travailleurs (UGT) qui a appelé à manifester dans toute l’Espagne.

Le gouvernement de droite de Mariano Rajoy a déclaré la guerre aux dépenses sociales afin de ramener, espère-t-il, le déficit public à 3 % en 2013. La santé et l’éducation sont les principales visées, avec une amputation de 10 milliards d’euros de leurs budgets sur un total de 27 milliards d’euros d’économies espérées. Les retraités devront désormais payer leurs médicaments, tandis que les actifs ont vu la part de leur facture passer de 40 % à 60 %. La ministre de la Santé, des Affaires sociales et de l’Égalité, Ana Mato, a annoncé son intention de conditionner davantage l’accès des soins aux immigrés ! En matière d’éducation, le gouvernement a donné son feu vert aux régions pour qu'elles augmentent les frais d’inscription à l’université de 50 %, soit 1 500 euros contre 1 000 actuellement, et le nombre d’étudiants par classe de 20 %. Il y a un mois, lors de la grève générale contre la réforme du marché du travail, le secrétaire général des CCOO, José Ignacio Toxo, avait mis en garde les conservateurs sur les graves conséquences du tout « austéritaire » sur le pouvoir d’achat et l’économie, en récession désormais depuis un trimestre.

"Nous n'allons pas oublier les coupes budgétaires, nous seront là tous les jours jusqu'à ce qu'elles soient corrigées", a lancé dimanche à Madrid le secrétaire général d'UGT, Candido Mendez.

"C'est criminel de couper dans la santé", "Peuples d'Europe, levez-vous" et "NON", pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les manifestants sous la pluie. "Ils nous pressent jusqu'à l'asphyxie", renchérit Pilar Logales, 60 ans, employée dans une mutuelle de santé. La plupart des slogans étaient accompagnés du dessin d'une paire de ciseaux, symbolisant les coupes budgétaires. En tout, des manifestations étaient organisées dans 55 villes d'Espagne par une "plateforme sociale de défense de l'Etat providence et des services publics", qu'ont rejoint les deux principaux syndicats espagnols, CCOO et UGT. "Le gouvernement pense que les gens vont oublier. Mais nous n'allons pas oublier les coupes, nous seront là tous les jours jusqu'à ce qu'elles soient corrigées", a lancé dimanche à Madrid le secrétaire général d'UGT, Candido Mendez.

Engagé dans une course à la réduction du déficit, le gouvernement conservateur espagnol a adopté le 20 avril un plan de rigueur visant les secteurs de la santé et de l'éducation, gérés en Espagne par les 17 régions.