une-11[1]« Je suis trader, je me fiche de ces considérations. Si j’ai une opportunité de faire de l’argent, j’y vais. On se fiche de savoir comment on améliore l’économie, comment on améliore cette situation. Notre boulot est de faire de l’argent avec cela. » Telle est la réponse d’Alessio Rastani à la journaliste de la BBC qui l’interroge sur les mesures que pourraient prendre les gouvernements pour rendre « les investisseurs plus confiants », pour faire face à la crise.

Évidemment dans les jours qui ont suivi, une polémique est née sur le vrai métier de l’énergumène. Est-il ou n’est-il pas réellement trader ? A priori, il s’agirait d’un indépendant mais, quoi qu’il en soit, le fond du problème n’est pas là. Si cette interview a eu un tel succès, c’est que ces propos nous confrontent à la réalité de notre société : la loi du fric avant tout. Même si personne dans le monde de la finance ne semble vouloir l’assumer au grand jour.

On se retrouve tout d’un coup face à face avec la machine qui broie nos vies au quotidien. Effectivement, les marchés financiers ne se soucient pas des victimes d’expulsion lorsqu’ils spéculent sur le logement ou les crédits immobiliers. Effectivement, ceux qui font de l’argent en jouant avec le prix du blé ne se préoccupent pas qu’on ne mange plus à la fin du mois. Effectivement, ceux qui font fortune grâce aux brevets sur les médicaments n’ont cure du sort des millions de malades du Sida qui demeurent privés de traitement. On pourrait multiplier les exemples à l’infini, ou presque.

Mais le pire, en réalité, c’est que ceux qui sont censés nous représenter, qui sont censés défendre l’intérêt général, ont choisi leur camp, celui de leurs amis : grands patrons et grosses fortunes. Sarkozy, Merkel et les autres amènent ainsi leur pierre à l’édifice. Partout, ils nous imposent l’austérité. Partout, ils nous transforment en génération de précaires longue durée. Et pourquoi ? Pour que les dirigeants des grandes entreprises accumulent toujours plus d’argent grâce aux cadeaux fiscaux et autres allègements de cotisations, pour que les banques puissent reprendre des jetons dans les grands casinos boursiers, pour que, habitués à notre lot de précarité, on ne pense pas à remettre en cause ce système qui crée toujours plus d’inégalités et de pauvreté… Finalement, pour que le monde continue de tourner au profit de quelques-uns et au détriment du plus grand nombre.

« Le plus gros risque maintenant est de ne rien faire » nous dit encore Rastani et, de ce point de vue là, il a sans doute raison. Nous sommes face à un choix : soit nous laissons tout ce petit monde nous sacrifier sur l’autel du profit soit nous reprenons le pouvoir pour imposer d’autres choix. Ces choix – les seuls qui permettront de sortir des impasses du système – ce sont ceux de la solidarité, de la coopération, de la réponse à nos besoins comme finalité de notre travail, d’une éducation pour tous… Bref, ceux d’une société où l’objectif ne serait plus le profit mais l’humain !

Ne tombons pas dans le piège qu’ils essaient de nous tendre pour que rien ne change, celui du « chacun pour soi et tant pis pour les autres ». A ce jeu-là, les mêmes seront gagnants. Ils pourront sans craintes continuer de tirer nos droits vers le bas en nous désignant comme coupables les immigrés, les fonctionnaires, les jeunes, les vieux… selon les besoins du moment.

N’oublions jamais, nous n’avons pas de milliards mais nous sommes des millions alors unissons-nous pour notre avenir.

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