arton644[1]Le gouvernement mise sur son bilan sur l’enseignement supérieur pour les élections présidentielle et législatives : Nicolas Sarkozy cite la LRU comme une de ses plus grandes réussites, Laurent Wauquiez multiplie les déplacements pour vanter son action. Pourtant leur bilan est bien loin de leurs annonces.

Le Monde daté du 22 mars publie un dossier sur le Plan Réussite en Licence et ses premiers résultats.

Ainsi, l’on apprend que ce n’est pas grave que le taux d’échec en première année à l’Université soit de 50% ! Et l’on omet de dire que depuis la mise en place de ce plan, censé amené 50% d’une classe d’âge au niveau Licence, le taux d’échec a augmenté.

Alors que Valérie Pécresse avait annoncé 730 millions d’euros pour financer ce plan, le résultat est tout autre. Avec l’autonomie des Universités, celles-ci utilisent désormais les fonds comme elles l’entendent. Et le manque de financement global – poussant les facs les plus pauvres à présenter des budgets en déficit – entraîne l’éparpillement de cette enveloppe dans le reste du budget. Belle réussite en effet d’un plan qui devait nous permettre de réussir.

Les solutions proposées par le gouvernement et reprises par Le Monde sont contenues en grande partie dans l’arrêté Licence, voté dans le plus grand secret et sans concertation l’été dernier. Il prévoit l’augmentation du volume horaire à 1 500 heures en moyenne. Il ne s’agit pas d’une mauvaise idée en soi. Mais aucun moyen n’est débloqué pour financer cette augmentation du volume horaire. Et dans un contexte de casse du système des aides sociales, ceux qui sont obligés de travailler pour financer leurs études resteront sur le carreau. Quand on sait que plus de 50% d’entre nous sont obligés de travailler à côté pour financer nos études, rajouter des heures et imposer le contrôle continu constitue au contraire un obstacle à la réussite des plus précaires d’entre nous.

L’innovation et la recherche de pointe ont été parmi les priorités du gouvernement pendant ce quinquennat. Mais leur vision de la recherche est celle de l’excellence pour quelques sites seulement qui sont financés par l’Etat dans le cadre des Idex, les autres ne recevant rien. Car dans le même temps, le budget des autres Universités, celles de « seconde zone » se voient saigner à blanc par le manque de moyens qui leur sont accordés. C’est la mise en place d’une Université à deux vitesses avec d’un côté des formations de pointe financées par l’Etat, et de l’autre, des formations au rabais, en fonction des moyens de chaque fac.

Enfin, quel mépris de pointer la formation des enseignants du supérieur comme la cause de l’échec du PRL ! Le gouvernement leur demande de faire plus de travail, avec des résultats meilleurs, mais avec moins de moyens, vaste projet !

La politique des Wauquiez, Sarko, Pécresse, c’est celle de l’échec programmé des plus précaires d’entre nous, celle de la privatisation des Universités. On est donc bien loin du tableau dressé par le gouvernement d’une Université rénovée, de la réussite de tous.

A l’inverse de toute cette logique, les étudiants communistes refusent la casse du service public d’enseignement supérieur et réaffirment la nécessité d’une Université publique, gratuite et de qualité.