François Hollande a été hué à la sortie de son QG de campagne parisien par une quarantaine de salariés de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), dont il préconise la fermeture, à l'issue d'un entretien avec plusieurs de leurs représentants 

 4018227-6095456[1]Le candidat PS à l'Elysée, qui s'apprêtait à se rendre sur le site de la tuerie de Toulouse, est sorti de ses locaux de campagne sous les sifflets et cornes de brume. "C'est Louis XVI qui s'en va!", "Casse-toi sale vendu!", lui ont lancé des salariés, venus d'Alsace en car tôt dans la matinée. François Hollande avait reçu pendant environ une heure l'intersyndicale (CGT, FO, CFDT, CFE-CGC) de la plus ancienne centrale nucléaire française, dont il a inscrit la fermeture dans son programme. Le candidat avait pourtant assuré que s'il était élu, il n'y aurait pas de suppression d'emploi grâce aux reconversions nécessaires pour assurer le démantèlement.

Clément Schneider, secrétaire de la CGT de Fessenheim, a lui souligné que M. Hollande n'était "pas revenu" sur "le principe de fermer en tout premier lieu" la centrale alsacienne. "Nous, notre boulot c'est de rester dans un débat le plus rationnel possible" et de le convaincre de "ne pas faire cette grosse bêtise de sacrifier Fessenheim sur l'autel d'un accord électoral avec les écologistes". "Ne me faites pas dire que la CGT est pro-Sarkozy parce que Sarkozy souhaite maintenir Fessenheim", a tenu à préciser le syndicaliste. "Nous, on sait quelles sont les forces de progrès dans le pays, on essaie de les convaincre, c'est avec elles qu'on fera avancer l'économie et l'industrie française", a-t-il dit.

Sylvain Bouillot, délégué CFE-CGC, a de son côté évoqué "une décision subie de François Hollande qui essaie tant bien que mal de s'en sortir". Déplorant "un bilan amer pour les salariés", il a demandé au candidat PS de "ne pas imposer une fermeture de Fessenheim comme un scalp qu'on donnerait aux élus verts".